Le matin, je traîne un peu au camping, fais une petite lessive de ma tenue cycliste version froid (cuissard long et maillot manche longues), que je porte depuis Ulm, 3 courses au supermarché voisin en vélo.
Pedro étant arrivé plus tôt que prévu, je n'ai pas visité l'île à Regensburg, ni le musée Thurn und taxis, j'ai juste glissé un pas furtif dans ce qui semble être un centre de distri, mais il n'y avait aucune animation, juste voici les vélos des facteurs allemands.

A propos de la poste allemande, sachez qu'on trouve côte à côte 2 types de boites pour déposer son courrier : la boite de la Deutsche Post, et juste à côté la boite d'un concurrent. C'est malheureusement ce qu'on trouvera peut-être bientôt chez nous.
Puis je retrouve mon ami Pedro à la gare, dommage sans ma copine Françoise, retenue à Paris.
Nous chargeons le vélo dans son camion, et roulons vers la Tchéquie, qui n'est pas loin. Je m'étais un peu imaginée que je pourrais repartir de Tchéquie en vélo, pour ne pas l'obliger à me ramener à mon point de départ, mais je m'aperçois que c'est que de la montagne, et je n'insiste plus. Le lieu où nous allons est à seulement une trentaine de km de la frontière. Juste après la frontière (symbolique) de Zelezna ruda, des dizaines d'échoppes tenues par des vietnamiens qui vendent un tas de vêtements, de babioles, nains de jardins en quantités...
Nous sommes dans la vaste foret de Bohème, la région s'appelle Sumava (avec une sorte d'accent sur le "s" que je ne vous ferai pas), on prononce Choumava. C'est un endroit très apprécié des tchèques, car très sauvage, et il n'y a pas longtemps, c'était encore une zone militaire (frontière proche), et maintenant, c'est une zone naturelle protégée.

A Annin, nous allons saluer les amis de Pedro déjà arrivés,
1ère bière, puis allons à la ville voisine faire quelques courses alimentaires et autres liquides....
Le soir, saucisses au feu de bois avec le bon pain d'ici et leur moutarde que j'aime bien.
Je dors dans le camion, bien au chaud, et Pedro prend son sac de couchage, son matelas, et s'en va bivouaquer dans les bois, comme les trappeurs.
Le lendemain matin, nous allons faire une promenade avec 3 amis à lui, le long d'une rivière de montagne, la Vydra.



A mi-chemin, on s'arrête dans une sorte de taverne au milieu de la forêt, pour manger un goulash, servi dans un pain surprise, avec une petite bière que je vais regretter pendant la suite de la promenade, car j'ai du abuser de cafés et de bière, j'ai très mal au foie.

A cette taverne, il y a une loutre "apprivoisée", qu'on essaie de réintroduire.

En rentrant, quelques Harley sont garés sur le parking, dont ce modèle de 1942.

Une petite sieste, puis on est prêts pour les festivités. Beaucoup de monde est arrivé pour ce potlach.
Alors, vous voudrez savoir ce que c'est exactement, et je suis incapable de le dire précisément. Ca m'ennuierait de raconter des trucs que j'ai mal compris. Vite fait, il s'agit de retrouvailles entre tchèques d'ici et de tchèques qui ont émigré (surtout en 47 et en 68), en souvenir de l'ancien temps ou ils se retrouvaient dans la forêt (a l'origine, ce sont des jeunes issus du mouvement de jeunesse scout, mais qui ont fini par refuser son système autoritaire et ont mis en place des groupes parallèles avec une culture à eux, ont créé des chansons, des rites...


Maintenant, comme vous pouvez voir, ils ne sont plus tout jeunes!)


Ne vous fiez pas aux apparences : malgré leur tenue, il ne s'agit pas du tout d'un mouvement paramilitaire, mais plutôt hérité de l'uniforme scout, puis des surplus américains, je crois, et de la nécessité de rester discret dans la foret.

Ces jeunes ont été mal tolérés sous le système communiste. Maintenant chaque groupe se retrouve annuellement dans un "potlach".
C'est quand même très particulier, les gens sont contents de se retrouver, on boit beaucoup de bière ( et quand je dis beaucoup, vous imaginez même pas !), on chante plein de très belles chansons tristes et plus gaies, d'amour, du folklore, ou d'aventures, de marins, du far west ...
Je regrette que Françoise ne soit pas là, je suis intimidée par tous ces tchèques immenses et costaux, qui parlent, parlent, et je ne comprends pas un seul mot. Quelques uns se dévouent pour me parler un peu en anglais, ou en allemand, mais ils s'imaginent que je comprends parfaitement, et je me chope un de ces mal de tête à force d'essayer de saisir le sujet ...
Un jeune Suisse-tchèque parle bien français et me tiens compagnie. Il m'effraie en me parlant des tiques qui sont nombreux dans la forêt et qui peuvent donner des infections très graves.
D'ailleurs sachez-le, Pedro m'explique qu'il faut tourner lentement avec son index mouillé de salive dans le sens horaire pour faire sortir la bête.
Le lendemain, quelques jeux d'adresse sont organisés, et je sauve l'honneur de justesse.

Puis quelques photos de groupe avant la fin officielle.
L'après midi, nous allons visiter le château de Kasperk, avec quelques km de bonne marche pour l'atteindre.

Le dernier soir, il reste encore quelques amis.

La soirée autour du feu est très sympa : saucisses grillés encore, bières, chansons, guitares, violon, banjo, mandoline.

Admirez la voiture des copains, qui roule encore elle !